19/06/2012

Montecristo Petit Edmundo (par Obelux)

Aujourd’hui, je vous propose l’analyse gustative et sensoriel d’un Montecristo Petit Edmundo faite par un très bon ami épicurien et grand amateur de cigares : Obelux. Bonne lecture à tous et merci à lui !

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Il en va des cigares comme des petits plaisir épicuriens qui parsèment notre existence. Hier soir je me suis décidé à fumer un Monte-Cristo Petit Edmundo …

De tous les sens qui nous aident à apprécier les petits plaisir de la vie, aucun n’as été épargné par ce grand moment de dégustation

Tout d’abord le plaisir des yeux : bien rangé dans mon humidor, au troisième étage de ma cave Adorini Chianti médium se trouvait plusieurs cubains, dont je n’arrivais pas à décider lequel me conviendrai le mieux pour finir ce beau week-end à la chaleur retrouvée. Un Bolivar Royal Corona, un Cohiba Siglo III, un Hoyo de Monterey Epicure Especial, un Partagas D N°4, non, mon envie se porta finalement sur un Monte-Cristo Petit Edmundo, cela faisait vraiment trop longtemps que je n’avais pas touché a une de ces vitoles dont le nom finement inspirée par la lecture du roman d’Alexandre Dumas pourrait me révéler toute la puissance et la qualité du terroir cubain. (Rappelons au passage que le comte de Monte-Cristo s’appelait Edmon Dantes)

Plaisir Visuel : D’abord j’en apprécie visuellement la taille, un cepo de 52 pour une longueur de 11 cm, voilà un petit trapus qui semblerai me convenir a merveille, un cape lisse et grasse, cette belle robe aux reflet de chocolat brun n’est pas exempte de defaults mais se présente comme un cigare d’homme, seule petit ombre au tableau : cette bague vieillotte et sans charme à laquelle la marque semble tant attachée, pourtant le sigle Montecristo en soit n’est pas désagréable avec ses épées entrecroisées, ils auraient pu se lâcher un peu sur le design de cette bague qui semble coincés dans les arcanes du temps.

Plaisir du toucher : Ensuite viens le plaisir de le prendre en main, de le faire pivoter entre le pouce et l’index, le porter à l’oreille pour en vérifier la densité, contrôler la qualité de mon humidor et vérifier avant de l’allumer qu’il n’est ni trop sec ni trop humide, arrive ensuite le premier moment délicat : la coupe !!! Le guillotinage de la tête : le moment si délicat ou la vie du cigare repose entre mon double lame : ce moment de vérité ou tout vas se passer si vite. Une coupe trop large et mon cigare sera trop ventilé, une coupe trop timide et le tirage ne sera pas suffisant ; finalement ma dextérité aura raison et ma petite habitude aidant je parviens sans difficulté à décapiter finement et proprement la base du cigare : les premières effluves a froids sont rassurantes : le tirage semble parfait et quelques notes de bois précieux envahissent mes narines : un bon pressentiment, allez passons a l’allumage !

Jouer avec le feu : Je suis et reste un fervent adepte des longues allumettes, tout d’abord porter la flamme à quelques centimètres du pied et vérifier que la base noircis doucement mais régulièrement, cigare en bouche je vérifie tout de suite le tirage et affine l’allumage : me voilà transporté, dans mon caisson intemporel, je viens de décoller pour 45 minutes à 1 heure de pur bonheur, ni les prestation de l’équipe de France à l’euro 2012, ni la rage de vaincre de Sébastien Grosjean, ni même les chants des supporters du Stade Toulousain ne parviendrons à me détourner de ce moment magique et au combien mérité ….

Ce qui me frappe en premier c’est la douceur de ce cigare, ce côté sucré, souple, rassurant. Le tirage est parfait, une petite saveur de pain et de cèdre se dégage immédiatement, la fumé est profonde mais pas lourde : un vrai moment de bonheur. A ce moment-là je suis vraiment ailleurs, je flotte sur mes souvenir cubains de février 2011, je me souviens du quartier de Old Havana, au petit matin, ces odeurs de café, de brioches chaudes quand je montai au roof garden prendre mon thé matinal vers 9H30 avec une vue splendide sur la havane.

Revenons au cigare, très belle cendre, bien dense, mon palais commence a distinguer l’apparition de nouvelles saveurs : des parfums de noix, de chocolat, la fumé se fait de plus en plus crémeuse, et toujours pas la moindre sensation de poivre : je suis vraiment dans un deuxième tiers majestueux : le nirvana de l’onctuosité, je ne comprends pas que l’on conseille fréquemment aux non-initiés de débuter par des cigares dominicains, qu’ils essayent ce petit Edmundo : il est d’une sensualité a toute épreuve : jamais une amertume, toujours cette sensation de d’onctuosité, toujours ces parfums légers voir même sucré. Ma gourmandise me fait un peu trop solliciter mon cigare, aussi je le laisse se reposer et en profite pour me préparer ma boisson de dégustation.

Certains accompagnes leurs cigares de rhum, d’alcool forts, voir même de vin, pour ma part je préfère la douceur et la chaleur d’un bon thé (question de gouts), je retrouve ma vitole bien moins chaude que ce que je ne l’avais laissé, les saveurs n’en sont que plus profondes et toujours ces touches de cacao ou encore de noix de muscade, quelques petites sensation de cannelle : Quel pied, quelle douceur, quelle onctuosité …

Je retire la bague en essayant de ne pas trop abimer la cape : manqué ! Décidément je vais détester ces bagues Monte-Cristo, bien trop fines, je leur préfère celles de Romeo ou de Hoyo : question de look.

Je dépose mon cigare après 50 minutes de pur bonheur, d’évasion, de vrai bonne dégustation, certains disaient la vie est simple comme un coup de fil, pour ma part je viens de vérifier l’adage : pas de bonne journée sans un bon cigare.

Je terminerai par cette citation de Georges Sand : Le cigare est le complément indispensable de toute vie oisive et élégante.

Bien à vous.

Obelux

08:58 Écrit par EM dans Dégustation | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

Commentaires

Merci, Obelux pour ton exercice. Pour la bague, je suis tout a fait d'accord avec toi sur le côté inesthétique et banal de cette bague !
Merci à toi pour ce texte, j'aurais surement des conseils à te demander sur Cuba, car je compte l'an prochain y faire mon petit pèlerinage..

Écrit par : Edmond Dantès | 20/06/2012

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Bravo pour le compte rendu ;)
Exercice pas simple mais très réussi!

Écrit par : Adrien | 21/06/2012

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Obelux,
Une bien belle dégustation et qui fait saliver ! Un des tout premiers cigares que j"ai fumé était un Montecristo Especial n°1 délicieux et qui me fit "tomber dans le cigare" comme on tombe en amour... Concernant ce Petit Edmundo, était-ce le premier que vous goûtiez ou est-ce une confirmation ? Côté boissons, j'apprécie davantage le thé ou la bière plutôt qu'un alcool fort pour accompagner une vitole.
Cordialement

Écrit par : Cape ! | 30/08/2012

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... le thé, la bière, ou un bon café aussi !

Écrit par : Cape ! | 30/08/2012

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Je n'accrocherai jamais à Montecristo en général, mais on sent qu'il y a du plaisir dans ce CR, j'ai failli aller m'en fumer pour vérifier :-)

Écrit par : Fred | 02/09/2012

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C'est bien le premier petit EDMUNDO que je fumais, par contre j'avais déjà gouté a l'edmundo qui est bien plus gros et plus long a fumer, mais c'est vrai aussi que j'ai craqué sur ce module esses sympa
J'aime bien les MONTECRISTO car on est a peut prêt sur de la qualité de production, mais je suis tout de même plus proche des OYO qui me semblent plus savoureux et plus a mon gout
De toute façon, comme les sens gustatifs évoluent tout au long de la vie, il ne faut jamais avoir de préjugé sur tel ou tel cigare, et chacune des manufactures cubaines réservent bien des supprimes, bien des plaisirs
Je vais encore me faire rappeler a l'ordre par les puristes : je sais il n'y a pas que les cubains, mais il faut bien reconnaitre qu'en plus de leurs qualités de conception, d'elaboration : ils ont cette notion de savoir faire que tous les autres essayent de copier sans franchement y arriver........

Écrit par : Obelux | 04/09/2012

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Obelux,
J'ai bien reconnu dans le Petit Edmundo que je viens de fumer votre dégustation et je dois dire que j'y ai pris beaucoup de plaisir ! Je l'ai accompagné d'une bière Chimay Bleue aussi onctueuse que ce grand petit cigare et le mariage fut idyllique... Merci de m'avoir fait découvrir ce délicieux Montecristo qui fait désormais partie de ma cave !

Écrit par : Cape ! | 05/11/2012

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Cigare dégusté hier, mon premier Montecristo.
Je le gardais depuis 3 mois dans mon humidor, la cape était grasse et huileuse, on aurait dit un gros "bonbon de chocolat" prêt à être dégusté ^^
Un très bon moment dans l'ensemble, j'ai découvert le fameux goût propre à cette marque que je lis depuis longtemps (vanille).
Le seul reproche que je pourrais faire, c'est que je l'ai trouvé trop linéaire. En effet, bien que savoureux, j'ai eu l'impression d'avoir une seule palette aromatique durant toute la dégustation, pas d'explosion ou autre nouvelle chose, même en changeant de tiers.
Un très bon cigare malgré tout que je pense réessayer.

Écrit par : Aston | 30/08/2014

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